
L’intelligence artificielle s’installe dans le monde de la santé aussi rapidement qu’ailleurs. Son influence se fait ressentir jusque dans l’officine où ses applications se devinent dans tous les secteurs, notamment dans la gestion des ressources humaines.
Le temps manque toujours pour accomplir ses tâches annexes, mais essentielles, au métier de pharmacien.
Chargé de missions toujours plus élargies, de la vaccination aux entretiens pharmaceutiques en passant par le dépistage et l’accompagnement des pathologies chroniques, le pharmacien fait face à une expansion du temps médical. Pour autant, la charge administrative ne se réduit pas, bien au contraire, et il faut toujours marier les deux.
Cette charge se révèle d’autant plus pesante que le pharmacien, non content d’être un chef d’entreprise, demeure avant tout… un pharmacien. C’est à dire un professionnel de santé, formé en tant que tel, lors de ses études, à assumer pleinement la gestion d’une entreprise et l’ensemble des responsabilités administratives qui en découlent.
Des outils intelligents
Le temps et l’énergie déployés pour assurer cette gestion administrative, de l’officine seraient évidemment bien mieux employés au comptoir et pour le conseil à la patientèle. Une des solutions pour diminuer l’investissement dans ces tâches, sans en diminuer la qualité, réside dans l’intelligence artificielle. Il ne s’agit pas de remplacer le pharmacien, ou ses équipes, par l’IA mais de les soulager de certaines tâches grâce à des outils intelligents.
Certains s’attachent notamment à la constitution des plannings, une opération qui peut rapidement tourner au casse-tête même pour les plus petites officines. Face à l’agenda de son équipe, le pharmacien navigue dans un océan d’obligations légales, de contraintes individuelles, de temps de travail adaptés ou bien encore d’absences et de remplacements. Difficile de garder un cap clair d’autant plus qu’il faut aussi prendre en compte les variations d’affluence quotidiennes comme les pics d’activité saisonniers.
Les logiciels dotés d’une intelligence artificielle engrangent toutes ces informations sans aucune difficulté et peuvent, en un claquement de souris, adapter le besoin en personnel en fonction des aléas de l’activité tout en respectant les préférences de chacun, la durée de travail réglementaire, les amplitudes quotidiennes et les pauses obligatoires.
Rentabiliser le temps
L’outil ne permet pas seulement de gagner du temps, il permet aussi de concocter des plannings plus efficaces, plus équitables et, finalement, plus intelligents. Logiques et fondés sur des critères objectifs, ces plannings se révèlent par ailleurs moins critiquables par les équipes et donc, mieux acceptés.
Cette même intelligence artificielle dispose également de toutes les capacités pour rentabiliser au maximum le temps de travail de chacun dans la pharmacie. Certains logiciels sont ainsi à même d’analyser la répartition des tâches entre les membres de l’équipe officinale et d’en identifier les points faibles. En plaçant les bons éléments au bon endroit et au bon moment, l’IA peut ainsi largement améliorer l’efficacité de chacun tout en évitant les surcharges de travail. Des logiciels peuvent ainsi déterminer efficacement les effectifs à déployer sur chaque mission de la pharmacie en fonction de la demande réelle. Cette aide s’avère précieuse notamment pour coordonner les nouvelles missions confiées aux officines comme les entretiens AVK ou les bilans de médication.
Au final, les pharmaciens et leurs équipes ne sont pas les seuls gagnants dans cette affaire. Cette meilleure organisation du temps de travail impacte directement la qualité de service en réduisant le temps d’attente au comptoir. Grâce à l’intelligence artificielle, il devient plus aisé de répondre au défi que représente l’éventail toujours plus large des missions de l’officine et le maintien, voire l’amélioration, de l’accueil de sa patientèle, de la prestation qui y est liée et du suivi dans ses services.
Le salaire de l’IA
L’intelligence artificielle peut encore rendre bien des services lorsque sonne l’heure de la paie. Aujourd’hui, une pharmacie compte entre 4 et 5 salariés. Un chiffre qui pourrait encore augmenter dans les années à venir si l’on regarde les dernières tendances. 63% des pharmaciens sont salariés en 2025 contre 56% en 2012. Au total, on dénombre ainsi plus de 90 000 salariés dans les officines (28 873 pharmaciens-adjoints et environ 63 000 préparateurs). On imagine assez bien le volume horaire nécessaire pour traiter toutes ces feuilles de paie, tout autant que la charge mentale que cela représente. Les oublis peuvent arriver.
Il faut en effet prendre garde à toutes les obligations en la matière, au respect des conventions collectives, intégrer, sans rien omettre, les congés comme les primes. Les éventuelles heures supplémentaires ajoutent encore quelques subtilités au moment de choisir le bon taux de majoration… Encore une fois, les outils doués d’une intelligence artificielle simplifient tout le processus et évitent des erreurs aussi faciles à commettre qu’ennuyeuses à réparer.
Contrôleur des comptes
Le potentiel de l’IA est grand même s’il s’attache parfois aux plus petites choses. Recevoir, lire et répondre à un mail, la tâche n’a rien d’insurmontable. Mais quand elle se répète sans cesse dans une journée, elle prend autant de temps que d’énergie. Connectée à la boîte mail, l’IA peut grandement mâcher le travail. En classant automatiquement les courriels reçus, elle parvient à mettre de côté les publicités inutiles et empêche que des mails importants tels que des demandes de préparation d’ordonnance passent à la trappe. Mieux encore, un outil IA est capable de générer des réponses automatiques personnalisées en fonction du mail reçu.