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Les officines à l’heure du développement durable

pharmacie et développement durable

Gestion des déchets, sobriété dans la dispensation, réduction des consommations d’énergie, formation des équipes… De plus en plus engagées dans la transition écologique, les pharmacies d’officine multiplient les initiatives pour concilier santé publique et respect de l’environnement, avec le soutien actif de l’Ordre national des pharmaciens.

Aucune activité n’échappe à la transition écologique. Les enjeux environnementaux ne souffrent aucune exception. Comme d’autres, et même peut-être même plus que la plupart, les pharmaciens ont assurément un rôle à jouer dans ce domaine. De fait, en tant qu’acteurs de santé publique, celle de la planète les concerne au premier plan. Prendre soin de l’environnement impacte durablement la santé des Hommes.

Alors à l’officine comme ailleurs, de nouvelles réflexions s’engagent pour rendre la profession plus respectueuse des impératifs environnementaux. Le réseau officinal s’est largement mis en action. Selon une étude de l’Union Nationale des Pharmacies de France (UNPF) réalisée en 2023, 80% des pharmaciens titulaires déclaraient avoir déjà mis en place une démarche de développement durable au sein de leur officine. 15% promettaient de le faire incessamment.

Gestion des déchets

Ce mouvement n’a pas échappé à l’Ordre National des Pharmaciens qui entend bien l’accompagner activement. Pour Carine Wolf-Thal, Présidente du Conseil national, il s’agit avant tout de “favoriser une juste consommation et gestion des produits de santé afin de lutter contre la pollution et le gaspillage” mais aussi “réduire et traiter les déchets liés aux produits de santé”. L’ensemble de la filière pharmaceutique est concerné même si l’industrie, la pharmacie hospitalière et les officines ne font pas face aux mêmes problématiques. Il n’en demeure pas moins que personne ne peut ignorer le sujet.

L’Ordre explique ainsi que “la gestion des déchets issus des produits de santé est essentielle dans un objectif de protection de l’environnement et de préservation de la santé publique. 10 000 tonnes environ de déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI) et 9 000 tonnes de médicaments non utilisés (MNU) sont produites et collectées chaque année en France. L’ensemble de la chaîne pharmaceutique est concerné et doit se mobiliser pour réduire la production de déchets, favoriser leur collecte et leur traitement et privilégier des alternatives plus respectueuses de l’environnement”.

Les équipes officinales comme les patients ont tout intérêt à être sensibilisés à cette question. Les premiers pour dispenser correctement l’information et les outils du tri et les seconds pour prendre de bonnes habitudes.

Sobriété

Mais avant de trier, il faut penser à distribuer les produits de santé de la meilleure des manières possibles. Comme dans bien d’autres domaines, le maître mot est la sobriété. L’Ordre National des Pharmaciens croît ainsi aux bienfaits d’une “juste consommation” qui pourrait être trouvée, notamment, en permettant aux pharmaciens d’officine d’adapter les posologies comme les durées de prescriptions de certains traitements. “Les pharmaciens d’officine exerçant en structure coordonnée peuvent renouveler et adapter la posologie des traitements chroniques dans le cadre du dispositif de pharmacien correspondant, note l’Ordre.  Étendre ce dispositif à tous les pharmaciens officinaux, sans condition d’exercice coordonné, permettrait de réduire le gaspillage, de prévenir la iatrogénie et d’optimiser la dispensation en conformité avec les bonnes pratiques de la HAS”.

Un plus grand partage d’informations entre les différents professionnels de santé influerait sans aucun doute positivement sur cette recherche de sobriété. Des outils numériques sont là pour fluidifier les rapports entre chacun. Un usage plus fréquent de l’espace numérique de santé, le versement automatique du Dossier Pharmaceutique au Dossier médical partagé ou bien encore le déploiement de l’ordonnance numérique figurent parmi les solutions évidentes selon l’Ordre.

Un œil sur le compteur

La sobriété peut aussi s’appliquer en matière de consommation d’énergie. Aujourd’hui, les pharmacies sont nombreuses à éteindre la lumière et les ordinateurs lors de la fermeture, à baisser d’un ou de deux degrés le chauffage ou bien encore à installer des ampoules basses consommation. Toutefois, en dépit de l’importance accordée à l’aspect économique d’une bonne gestion environnementale, le suivi mensuel des consommations en eau, en électricité et en consommables reste rare. De la même manière, il n’y a rien d’évident à se lancer dans une réflexion globale sur le sujet allant de la suppression des éclairages inutiles à l’optimisation des trajets domicile-travail des collaborateurs de l’officine. Retravailler les plannings ou offrir un véritable espace détente et restauration, par exemple, peut éviter bien des allers-retours énergivores.

Se former

Si la profession a bien pris conscience des enjeux environnementaux qui lui font face, le besoin de formation, initiale comme continue, sur le sujet n’en reste pas moins évident. L’Ordre national des pharmaciens préconise ainsi d’intégrer la problématique de la transition écologique au cœur des études de pharmacie. “Il serait intéressant de sensibiliser les étudiants en santé aux impacts de l’environnement sur la santé mais aussi aux impacts des pratiques professionnelles sur l’environnement afin de promouvoir des actions durables en matière de gestion des ressources”, explique-t-il.

Formés en amont, les futurs pharmaciens deviendraient ainsi plus facilement des acteurs efficaces de la transition écologique. Pour accompagner ces nouveaux professionnels mais aussi les pharmaciens déjà installés, la formation continue aurait tout intérêt elle aussi à prendre une dimension environnementale. Son rôle s’avère crucial, toujours selon l’Ordre National des Pharmaciens, pour “sensibiliser à l’impact écologique des métiers de la pharmacie. En se formant à des pratiques écoresponsables, les pharmaciens deviennent des acteurs du développement durable”.

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